Escarres personnes âgées

Qu’est-ce qu’une escarre ?

L’escarre est une lésion cutanée provoquée par une pression excessive et continue, par exemple, lors d’un alitement prolongé.

Les zones les plus touchées sont celles sur lesquelles se créent des appuis : le sacrum, les talons, les coudes, l’occiput. Cette pression anormale des tissus empêche la bonne circulation sanguine et entraîne une hypoxie (manque d’oxygène). Apparaît alors, une escarre de premier stade : la rougeur.

L’escarre est en effet caractérisée par plusieurs stades d’évolution :

  • Stade 1 : apparition de la rougeur ;
  • Stade 2 : apparition d’une phlyctène (bulle) et abrasion superficielle de la peau (usure) ;
  • Stade 3 : apparition de la nécrose (destruction des tissus) au niveau de l’épiderme ou du derme. La lésion n’atteint pas encore les tissus profonds ;
  • Stade 4 : il s’agit d’une nécrose de l’aponévrose (membrane située entre l’hypoderme et les couches graisseuses et musculaires), pouvant détériorer jusqu’aux tissus osseux.

L’érythème (rougeur) et la désépidermisation (altération de l’épiderme) sont des lésions réversibles si elles sont rapidement et efficacement prises en charge. D’où l’importance d’une surveillance accrue chez les personnes à risques telles que les personnes âgées qui sont plus facilement dénutries et déshydratées. En effet, l’âge moyen des porteurs d’escarres est de 74 ans.

De plus, selon l’ARS, 8,6 % des patients hospitalisés sont porteurs d’escarres.

L’enquête de l’ARS

L’Agence Régionale de Santé a été créée afin de représenter une autorité unique au niveau régional, dans le but de mieux répondre aux besoins de la population et accroître l’efficacité de notre système de santé.

Depuis 2011, l’ARS Ile-de-France, s’est fixé l’objectif de réduire les risques d’escarre chez les patients. C’est dans cette optique-là que la campagne « Sauve ma peau, maîtriser le risque d’escarre » a été lancée.

Dans la suite logique de cette campagne, l’ARS a mené une enquête auprès de 22 000 patients de 249 établissements du 8 au 12 juin, afin de poursuivre la sensibilisation des professionnels et communiquer sur le risque d’escarre.

Les objectifs

Dans les premiers temps de l’enquête, il s’agissait de sensibiliser les professionnels de santé au risque d’escarre en utilisant une échelle de risque et le jugement clinique. La mise en place de cette échelle a permis d’estimer le risque d’escarre et d’en évaluer la qualité de la prise en charge.

Dans un second temps, les résultats de l’enquête ont fait ressortir les pistes à améliorer par le biais de plans d’actions. Ces plans d’actions doivent permettre la correction et donc l’optimisation des pratiques soignantes.

Les résultats

L’enquête, menée auprès de 22 000 patients ou résidents, a fait ressortir trois points principaux :

  • 36 % des personnes présentaient un risque élevé de développer des escarres ;
  • 9,1 % des personnes étaient porteuses d’escarre, avec une moyenne de 1,4 par patient. Plus d’un tiers (32%) de ces escarres étaient graves ;
  • 47 % des escarres on été acquises dans le service où fut réalisée l’enquête.

L’évaluation des pratiques a permis de faire ressortir des chiffres très significatifs :

  • Dans 62 % des cas, on trouve une trace de dépistage à l’entrée dans le service ;
  • Et dans 57 % des cas, on trouve également une réévaluation du risque en cours de séjour ;
  • L’installation d’un matelas, pour les patients ou résidents à risque d’escarre, est adaptée dans 82 % des cas ;
  • Tandis que l’utilisation d’autres accessoires, type mousse, coussin gel… est adaptée dans 62% des cas ;
  • Les changements de position étaient mentionnés dans 70% des dossiers de soins.

Au final, se sont plus de 4 % des personnes hospitalisées qui développeront une escarre pendant leur séjour.

Comment rendre plus efficace la prévention des escarres ?

Le regard averti et le jugement professionnel des soignants est l’élément clé de cette prévention. Une mise en œuvre rapide et appropriée permet d’éviter que la rougeur, lésion réversible, n’évolue à un stade plus grave, entraînant ainsi des risques d’infection et d’altération de l’état général du patient. Une formation approfondie des soignants permettrait d’améliorer leur réactivité en travaillant sur deux axes principaux.

La vigilance

Il s’agit de toujours effectuer une évaluation initiale du risque d’escarre chez le patient, sans oublier qu’une réévaluation régulière est également indispensable. Des échelles d’évaluations ont été créées pour faciliter l’interprétation des soignants.

Afin de ne pas risquer de négliger l’apparition d’une lésion, la surveillance des localisations à risque doit, elle aussi, être régulière. La dénutrition favorisant largement l’apparition d’escarre, il est primordial qu’elle soit prise en charge efficacement afin ne pas ralentir une éventuelle cicatrisation.

Changements de position : réalisation et traçabilité

Les changements de position, facteur indispensable dans la prévention de l’escarre, ne doivent jamais être négligés. Malheureusement, ils manquent souvent d’efficacité à cause d’un manque de traçabilité. Les constats de l’enquête menée par l’ARS, montrent que c’est un axe à améliorer.

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Une réflexion au sujet de « Escarre : prévention et enquête de l’ARS »

  1. Abaq

    Bonjour,
    En complément à votre article, on peut ajouter que les porteurs d’escarres avaient 80 ans en moyenne contre 75 ans pour la moyenne des patients, les escarres étant essentiellement situés sur le sacrum ou les talons.
    La vigilance doit être immédiate, car les délais d’acquisition en milieu hospitalier sont rapides (25 % des escarres en moins de 5 jours d’hospitalisation, 50 % en 16 jours) .
    Bonne soirée.

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